Je profite de la journée contre la lesbophobie pour parler de cet animal étrange qui a fait son apparition ces dernières année et qui a été définitivement été classé dans la catégorie des nuisibles : LE GOUIN.
Le gouin c’est une gouine avec une queue entre les jambes et un "e" en moins.
Autrement dit, un mec qui a adopté tous les codes saphiques.
A ce jour, nous avons pu distinguer trois catégories de gouins, le recul nécessaire à l’étude approfondie du phénomène nous manquant, il faudra attendre encore quelques années pour qu’elle soit complétée.
Le gouin gentil ou le mec qui aurait aimé être une gouine : sans aucun doute le plus inoffensif.
D’ailleurs, nous avons plutôt tendance à l’apprécier.
Il ne souffre d’aucune frustration sexuelle particulière.
Il aurait juste aimé être gouine et les lesbiennes exercent sur lui une fascination sans limite.
Il écoute Coco Rosie, Electrocute, Electrelane, Bunny Rabbit (...), ne rate aucun reportage sur les lesbiennes rappeuses, rêve de produire des artistes lesbiennes.
Il apprécie leur compagnie, leurs histoires compliquées et surréalistes le passionnent.
Ce gouin est généralement un ami sur lequel on peut compter et avec lequel aucune ambiguïté n’existe.
- Le gouin aux aguets ou le mec à gouines : celui qui nous fait le plus gerber.
Il arpente chaque soirée en compagnie de ses amies lesbiennes dans l’espoir inavoué de pouvoir profiter de situations propices aux rapprochements : copine chaude et bourrée, copine qui a jamais essayé, copine qui ne se souvient plus de ce que ça fait ...
Il passe pour le bon copain, le confident compréhensif et doux et se transforme en Lubrélix dès que les taux d’alcoolémie de ses copines dépassent les 3g.
Il est le dépuceleur officiel du groupe et montre de sérieuses difficultés dans sa vie amoureuse ou non amoureuse pour être exacte.
- Le gouin profondément homophobe : Sans doute le pire.
On ne lit pas immédiatement dans son jeu car il assume pleinement sa virilité contrairement au gouin aux aguets.
Il joue au bon copain, le mec apriori cool et tolérant.
Puis le masque tombe.
Quelques réflexions typiques pour commencer "Quoi ?? comment ça ? t’as jamais couché avec un mec ?", "Hein ? ça fait 4 ans que t’as pas couché avec un mec ?", cette catégorie de gouin a beaucoup de mal à concevoir la vie sans bite.
Pour lui, c’est une véritable hérésie.
Une bonne lesbienne est une lesbienne qu’il peut baiser.
Il étale toute sa classe lors de rassemblements entre amis, vantant les performances sexuelles de son ex en les comparant au passage avec celles de votre meilleure amie avec laquelle il sort.
Il cherche à entamer avec l’ex de celle-ci un concours de celui qui a la plus grosse bite.
La vindicte saphique ne tarde pas à sanctionner ces quelques coups d’éclat : c’est l’occasion idéale pour lui de se victimiser : si les lesbiennes m’en veulent, c’est parce que je suis un garçon.
Vous connaissez la chanson, les noirs sont des violeurs, les rebeus des voleurs, les chinois sont ceux qui ont fait disparaitre votre chien pour en faire des nems et les lesbiennes sont des frustrées (ben ouais elles se sont jamais pris de coup de bite souvenez vous) qui créent des dramas pour rien (je suis un garçon bien trop délicat pour les froisser).
S’en suit un numéro d’homophobie insidieuse, on n’attaque plus ouvertement les lesbiennes, on les fait passer pour l’agresseur tout en profitant de l’occasion pour laisser éclater les clichés.
Il déteste les lesbiennes mais est de toutes leurs fêtes (à l’occasion il chercher une candidate aux triolisme car c’est connu, on sort pour se faire traiter comme des bouts de viande qui vont assouvir ses fantasmes), son top myspace est majoritairement constitué de profils de lesbiennes.
Il faut se méfier tout particulièrement de ce gouin car par un jeu subtile d’inversion des rôles, il agresse en se posant en tant que victime.
Les lesbiennes ne peuvent pas être persécutées puisque ce sont elles qui le persécutent.
Logique.
Ce gouin de 3e catégorie est le nouveau visage de l’homophobie.
Puisqu’il n’est plus politiquement correct d’attaquer les minorités en passant par la porte, on passe par la fenêtre.
On fait passer la réponse à une agression pour une agression.
Puis on cherche une explication à ces attaques soit disant injustifiées : les lesbiennes sont anti-hétéro donc intolérantes donc mauvaises donc à abattre.
La ficelle est grosse mais force est de constater qu’elle a encore de beaux jours devant elle.
Pendant mon absence, dans un élan de bonté, Fernand me propose de garder Krépite.
Quelques mises en garde de ma part : "Le point noir c’est ta mezzanine. A coup sur elle va pas savoir monter, va attendre que tu y sois pour miauler. Tu vas redescendre la chercher et elle va miauler de nouveau pour retourner en bas. Je te conseille aussi de ne pas laisser tes fringues en tas dans la salle de bains (Fernand aussi est adepte du rangement au sol par tas) car elle affectionne tout particulièrement de pisser dans de telles circonstances."
Je sens quelques réticences chez Fernand qui a également peur qu’elle détruise ses tréteaux et pieds de mezzanine en se faisant les griffes.
Au lendemain de la première nuit, Fernand est en panique : "Non mais ça va pas être possible, j’ai pas fermé l’oeil !
Je pensais qu’elle avait compris que le canapé c’était pour elle et la mezzanine pour moi. J’éteins la lumière, je commence à m’endormir, et la voilà qui miaule ! Alors je descends la chercher.
Arrivée dans le lit, elle se met à paniquer et à miauler pour redescendre. Je la redescends, à peine arrivée en haut qu’elle se met à miauler. Je rapproche donc la table de mon lit pour qu’elle puisse sauter.
Je me recouche. D’un coup, un bruit épouvantable et je sens des griffes se planter dans mes pieds.
C’est Krépite qui essaie de monter ! Non mais ta chatte est tellement empâtée qu’elle est incapable de sauter correctement pour monter ! Alors elle est restée dans pendue à moitié dans le vide !
Bon alors du coup j’ai pas pu dormir, parce que même quand elle redescend, elle fout un bordel d’enfer lorsqu’elle atterrit sur la table !!
Non et puis sérieux, je le vois bien qu’elle est prétentieuse, je le vois dans son regard, et quand elle a soif, elle va pas boire dans sa gamelle, ELLE MIAULE POUR QUE JE LUI OUVRE LE ROBINET !! Tu l’as mal éduquée !!
Quelques nuits ont cependant suffit pour que Krépite apprenne à monter sur le lit, en faisant beaucoup de bruit certes, mais sans l’aide de Fernand.
Elle a même réussi à monter son horrible Porcinet peluche qui fait frrrr frrr jusque dans la mezzanine. Au grand bonheur de Fernand qui se réveille avec cette abominable chose qui a trainé dans tous les coins de l’appartement.
Cependant, si j’ai eu du mal à ces derniers mois à trouver auprès ces vétérinaires l’origine de la patte folle de Krépite, Fernand a de son côté une théorie qui tient la route :
"Cette chatte est diabolique. Ma copine Emilie m’a raconté qu’elle avait un chat qui boitait, ben vu qu’il boitait ils s’occupaient tous plus de lui que de l’autre chat. Du jour au lendemain, le second chat s’est mis à boiter à son tour sans raison. MAIS ils ont bien remarqué que quand ils avaient le dos tourné le chat ne boitait plus. Il le faisait EXPRES pour qu’on s’occupe autant de lui que de l’autre chat !
Et je soupçonne FORTEMENT Krépite d’en faire autant.
J’ai bien vu qu’elle ne boitait pas quand elle sautait pour atteindre la mezzanine hein"
J’aurais plutôt dit qu’elle le faisait exprès pour faire accuser le chat du voisin.
M’enfin...
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